Rapport du Mécanisme Africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP)

Le Sénégal a adhéré en 2003 au Mécanisme africain d’Evaluation par les Pairs (MAEP), mais ne s’était pas engagé dans le processus d’autoévaluation et d’évaluation. Ce n’est qu’en 2012 que, sur instruction du président de la République, le processus du MAEP est relancé, conformément aux principes et directives qui régissent cette institution.

Pour mettre en œuvre ces instructions, la Commission Nationale de Gouvernance (CNG) a été mise en place le 20 novembre 2014, sous la présidence effective du Premier Ministre, en présence du Représentant Résident du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), partenaire stratégique du MAEP, et du Ministre de l’Intégration africaine, du NEPAD et de la Promotion de la Bonne Gouvernance, Point focal du MAEP.

La CNG, chargée d’administrer et de superviser le processus d’autoévaluation, a pris les dispositions nécessaires pour conduire sa mission exaltante, avec l’appui technique, administratif et logistique du Secrétariat permanent. A cet effet, elle a recruté quatre (04) Instituts techniques de recherche (ITR) chargés de mener des enquêtes, sur l’étendue du territoire, dans les quatre (04) thématiques du MAEP que sont : (i) la démocratie et la gouvernance politique ; (ii) la gestion et la gouvernance économique ; (iii) la gouvernance d’entreprise ; et (iv) le développement socioéconomique.

La CNG a, en plus, organisé des consultations citoyennes dans les quatorze (14) régions du Sénégal, afin de recueillir les opinions et perceptions des sénégalais sur l’état de la gouvernance, notamment à travers les thématiques du MAEP indiquées ci‐dessus.

C’est à l’issue des travaux de recherche et des consultations citoyennes que ce présent Rapport a été élaboré, avec l’accompagnement de deux consultants de haut niveau, sous la supervision de la CNG.

A la lumière des résultats de l’autoévaluation, le rapport a noté que dans le domaine de la gouvernance politique, le Sénégal se distingue en Afrique et au niveau international par la stabilité politique observée dans le pays depuis son accession à l’indépendance. En effet, le Sénégal n’a jamais connu de coup d’Etat. Il a réalisé de manière pacifique une succession constitutionnelle en 1980, et deux alternances démocratiques, respectivement en 2000 et 2012.

Au plan économique, le Plan Sénégal Emergent (PSE), lancé en 2014, qui est le document de référence des politiques publiques au Sénégal, prévoit une croissance économique à fort impact sur le développement humain. Au terme des deux années et demi de mise en œuvre effective du PSE, le rapport souligne des avancées significatives, notamment : la consolidation de la dynamique d’accélération de la croissance avec des performances économiques remarquables ; un taux de croissance du PIB porté à 6,5% en 2015, contre une prévision initiale de 5,4% ; un déficit budgétaire qui s’établit à 4,8% du PIB, contre 5,1% un an auparavant ; une inflation contenue en deçà du seuil de 3% fixé par l’UEMOA.

En matière de développement socioéconomique, il a été noté l’institutionnalisation de la couverture maladie universelle (CMU), en vue d’assurer la gratuité des soins pour les enfants de 0 à 5 ans, la gratuité de la césarienne pour les femmes ainsi que la gratuité de la dialyse pour les personnes atteintes d’insuffisance rénale sévère.

Le Sénégal a par ailleurs mis en place un programme de bourses familiales annuelles, d’un montant de 100 mille francs CFA, soit environ 200 $US, destiné aux ménages très pauvres, ainsi que la carte d’égalité des chances pour les personnes handicapées. A cela, s’ajoute le Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC), lancé en juillet 2014, dont l’objectif est de réduire les inégalités entre les zones urbaines et les zones rurales.

Aussi, des centaines de villages ont‐ils été sortis de l’obscurité et du désenclavement et ont pu accéder à l’eau potable et aux équipements, en vue de l’allègement des travaux des femmes.

Malgré ces avancées significatives, le rapport souligne qu’il reste encore beaucoup à faire, dans le sens, entre autres, du renforcement de la démocratie, de l’emploi des jeunes, du renforcement du capital humain et de la réduction de la pauvreté. L’Etat du Sénégal a compris cela en mettant en place des programmes et projets publics articulés aux axes du PSE, pour impulser un développement durable et inclusif, afin d’améliorer les conditions d’existence des Sénégalais et Sénégalaises.

Les recommandations issues de ce rapport vont dans la même perspective. Il convient maintenant de les mettre en œuvre dans le cadre du plan d’action prioritaire du PSE, qui a déjà atteint sa vitesse de croisière.

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